Nicolas Célier, Partner, Alven Capital

Nicolas_Celier_AlvenCapital

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Un VC libre et aventurier…

 

Tout d’abord, un grand MERCI à vous !

Frenchy a dépassé le cap des  450.000 vues…  avec toujours la même intention :

Valoriser l’humain, l’authenticité des personnalités, l’exemplarité des parcours, inspirer, transmettre et exprimer à nos entrepreneurs et acteurs majeurs de l’écosystème toute la gratitude qu’ils méritent…

Frenchy c’est pas les produits… C’est les gens !

Ce mois-ci, c’est le grand retour de la Frenchy’nterview Spéciale VC

Vous vous souvenez? La première édition était quelque peu le fruit d’un mal entendu mais avait littéralement cartonnée… Les VCs n’ayant pas l’habitude d’être eux-même « pitchés » et encore moins à la sauce Frenchy !

Et d’ailleurs, pour tout vous avouer, cela me vaut, depuis, le privilège de les voir me solliciter, comme si, par ses posts  « Full of Love » , Frenchy avait quelque peu réussi à inverser le rapport de séduction…

Mais comme à chaque fois, impossible de réaliser quoi que ce soit sur commande…

Tout se fait toujours au feeling, au ressenti…

Et je dois bien vous avouer que, cette fois encore, la magie a bel et bien opéré… 😉

Et si on inversait les rôles…

Avec Nicolas, on avait, jusque-là, pris l’habitude de se croiser mais sans avoir jamais eu l’occasion de véritablement échanger. De mon côté, j’avais toujours ressenti, de sa part, une bienveillance, j’appréciais beaucoup son style très posé, tout en retenue, révélant une sorte de pudeur naturelle…

Parce qu’au fil des rencontres, j’ai toujours pu constater qu’il y avait souvent chez ceux qui envoyaient le plus en termes de réalisations, cette attitude un peu « Low profile », n’éprouvant jamais le besoin d’en rajouter et encore moins d’en faire des tonnes…

Car c’est bien l’intériorité des gens qui m’intéresse,  on y retrouve souvent toutes les explications d’un parcours, d’un destin…

Pourquoi se retrouve-t-on à faire ce que l’on fait à un instant T ? Pourquoi certains réussissent à exprimer la plénitude de leur être quand d’autres n’en prendront même jamais conscience…???

Alors c’est très marrant parce qu’au début, alors que j’étais censé, moi, l’écouter, l’inviter à se raconter… Et bien c’est moi qui me suis livré… Nicolas attentif, s’intéressant, me relançant, au point que je me suis demandé si je n’allais pas lui proposer de rédiger le post…

Certainement, sa façon à lui de nous rappeler, que la première démarche que doit avoir un entrepreneur c’est l’observation, regarder, s’intéresser aux gens, mais Vraiment et que  l’essentiel de la création de valeur est contenu dans son caractère utilitaire. 

C’est parce que vous les aurez bien regardés, décortiqués et compris dans leurs besoins, usages et attentes que vous serez en mesure de proposer quelque chose d’utile à vos utilisateurs, ce quelque chose, ayant vocation, même avec le temps, à leur devenir indispensable…

Un VC sans concession sur son propre métier….

On sait tous que le propre du métier de VC est de recevoir des milliers de dossiers, de voir des centaines d’équipes pour ne signer qu’une toute petite poignée de deals en fonction du positionnement et de la phase d’investissement du Fonds. Et que, pour réaliser leur sélection, ils s’attachent à respecter des critères… Souvent même à vérifier la présence d’un 1er niveau de CA… Ce qui conduit à bien des incompréhensions et frustrations chez les entrepreneurs qui eux ont tendance à interpréter cela un peu comme si on leur disait :

Une fois que tu auras dégagé une bonne partie du risque de ton modèle et de ton exécution, je serai prêt à investir…

Cela, Nicolas en a bien conscience et s’attache à faire de la pédagogie en m’expliquant que les fonds disponibles en Europe sont encore trop faibles, que les VCs doivent eux-mêmes lever et rendre des comptes et que pour eux l’équation se résume souvent à une sorte de pari consistant à ce qu’un seul investissement rembourse tous les autres…

C’est aussi l’occasion pour Nicolas de nous rappeler que ce mode de financement est très particulier et ne convient pas à tous les projets et qu’il vaut mieux toujours essayer de privilégier le financement par ses propres clients !

Un VC n’étant là que pour vous permettre d’accélérer !

Tout ça également pour bien nous faire comprendre que le capital risque, en tant qu’industrie, est encore jeune et qu’elle va aussi devoir se réinventer et pour Nicolas de conclure :

La révolution numérique ne s’arrêtera pas à la porte des Fonds…

De la quête de sens et recherche d’impact social dans l’investissement en Capital…

Nicolas embrasse la carrière de VC, d’abord via une filiale du Crédit Lyonnais, puis pour Alven Capital, puisque de son propre aveu, il ne se voyait pas aller bosser pour un grand groupe du CAC40 et encore moins faire, chaque matin, le trajet pour la Défense. Le métier de VC revêt une quête de sens toute particulière et requière ce goût pour l’aventure,  deux éléments qui le caractérisent parfaitement  ! 

Effectivement, disons qu’indirectement, les investisseurs, par leurs choix et décisions,  peuvent, eux aussi, avoir au quotidien  un véritable impact sur l’économie, la vie des gens et l’évolution de nos sociétés, en rendant possible des choix de ruptures, la création d’emplois, l’épanouissement des entrepreneurs et de leurs équipes… 

[quote]Forcément tout ça, ça compte pour Nicolas ![/quote]

Mais comment faire pour aller encore plus loin…

Ne pas se résoudre à investir uniquement dans une logique ROIste mais chercher à ce que ses investissements aient un impact sociétal fort…

Ce fut précisément la volonté et la formidable ambition de Nicolas justement !

Une sorte de VC Utile, Social et Solidaire, est-ce vraiment possible ?

Nicolas va d’abord tenter d’imposer un projet au sein même d’Alven Capital, en leur proposant de créer un  sous-Fonds qui serait spécifiquement dédié aux projets ayant un impact social et sociétal . Mais malheureusement, les choses ne se feront pas. Alors quoi…, il fait quoi Nicolas? Il renonce à sa quête de sens… Et bien Non évidemment !

Tel un entrepreneur à qui on aurait dit « c’est pas possible, ça marchera jamais », il va insister, passer par la fenêtre et obtenir d’Alven l’accord pour monter à côté un Fonds indépendant… Complètement privé, en s’appuyant  entièrement sur son propre réseau ! 

On est bien d’accord :

Cela ne manque pas de bravoure et de panache… Et ça sur Frenchy, on adore !

Il donne ainsi, aux côtés d’Arnaud de Ménibus, Vincent Fauvet, Jean-​​Baptiste Renard, Jérôme Schatzman, Laurent Grandidier, Anne-​​Claire Pache, Jean-​​Pierre Séguret, Emmanuel de Courcel, Thomas Favennec et Madeleine Ceyrac naissance à :

Investir & +

Piloté par cette dernière, jusqu’à sa fusion avec la société Fair Planet, en 2013, le Fonds est aujourd’hui dirigé par Vincent Fauvet et Anita de Voisins.

Mais d’où lui vient ce côté aventurier, « même pas peur » à Nicolas?

Dans « Ventures » il y a « Aventure »…

Mais est-ce-que dans VC, il y a Aventurier? Et bien, ça dépend du VC… J’ai envie de vous dire !

Nicolas, lui, a décidé, au commencement de sa carrière, de s’expatrier en Asie, dans le cadre d’un équivalent VIE, en choisissant même de vivre sur un bateau dans  la baie de Hong Kong… 

C’est qu’il est passionné de grand large et de navigation !

Navigation

Mais quand je vous dis navigation, je ne vous parle pas de faire un peu de bateau, aux beaux jours, dans le bassin d’Arcachon… Non ! Avant son retour en Occident, Nicolas a réalisé  un véritable petit tour du monde à la voile , et en couple en plus…

Alors forcément, on échange sur ce qui lie un entrepreneur et un navigateur, la métaphore étant tellement évidente ! Nicolas me parle  de goût de l’aventure, de prise de risque, du coté les mains dans le cambouis pour résoudre les problèmes au moment où ils se présentent, de solitude aussi, notamment au moment de la prise de décision… 

Impossible de penser qu’un tel vécu ne lui confère pas une appréhension particulièrement concrète des notions d’aventure et de risque… Un vrai VC, quoi !

Mais comme on est sur Frenchy, je ne résiste pas à lui demander si au cours de son aventure il s’était vraiment retrouvé dans une situation extrême…

Alors, Nicolas commence à me raconter qu’en navigant  au large du Yémen , ils sont tombés sur des hommes en armes, qui sous couvert de les escorter, leur imposent leur compagnie et ne leur laissent que très peu de choix sur le règlement de leur « prestation »…

Vous l’aurez compris, il s’agissait bel et bien de véritables pirates…  Et là on ne parle ni de Start-up ni de Growth Hacking…  Et il a bien fallu pour Nicolas leur fausser compagnie… S’échapper quoi !!! Ce qu’ils finissent par faire discrètement, un matin, à l’aube…

Je sais pas vous, mais là, moi je suis en plein  « Pirates des Caraïbes »  et forcément si demain je suis Founder… Un VC pareil, je l’embarque dans mon aventure !

Alors Oui ! Un VC Utile, Social et Solidaire mais en même temps Navigateur, Aventurier et Chasseur de pirates, ça existe… Il s’appelle Nicolas Célier, était jusqu’alors Partner chez Alven et a accepté de jouer le jeu de la Frenchy’nterview. Alors, on le remercie 1000 fois et ça donne ça !

 

Frenchy : Votre top 3 des entrepreneurs français ?

Nicolas : « Xavier Niel (Iliad) ; Renaud Laplanche (Lending Club) ; Fred Mazella (BlaBlaCar) »

Frenchy : La qualité propre à un bon VC que les entrepreneurs gagneraient à développer ?

Nicolas : « Prendre du recul, essayer de recruter les meilleurs… »

Frenchy : La qualité propre à un bon entrepreneur que les VCs gagneraient à développer ?

Nicolas : « Leur rapport au temps et à l’action, le sens de l’urgence et de l’engagement. »

Frenchy : La clause d’une term sheet que les entrepreneurs gagneraient à mieux intégrer ?

Nicolas : « Les subtilités de certaines clauses de « liquidation preference »… Mais de façon générale, méfiez vous des terms sheets compliquées qui préfigurent de relations compliquées.  Choisissez le bon associé, passez le minimum de temps sur les clauses et le juridique et le plus possible sur le business. »

Frenchy : Le conseil que vous donneriez à un entrepreneur qui cherche à lever, là, maintenant ?

Nicolas : « Avance,  les VCs suivront… »

Frenchy : Une bonne « valo » c’est quoi ?

Nicolas : « La bonne valo est celle qui permet d’aligner les intérêts des parties sur le long terme (entrepreneurs, investisseurs et futurs investisseurs,). Si la Valo est trop basse l’entrepreneur n’a plus d’incentive et il y a un risque de démotivation. A contrario, si la Valo est trop haute (ie vous avez survendu votre potentiel), il y a un risque de surchauffe, de conflits ultérieurs et de blocages. »

Frenchy : Une bonne « Exit » c’est quoi  ?

Nicolas : « Celle qui rémunère la prise de risque et permet à l’entreprise de poursuivre son histoire dans les meilleures conditions. »

Frenchy : Les 3 composantes d’une exécution réussie ?

Nicolas : « Il y en a 4 : Avoir une vision claire ; De l’énergie à revendre ; Le souci du détail et Attirer les meilleurs talents. »

Frenchy : Le segment d’avenir incontournable ?

Nicolas : « L’internet pervasif… Mais chut… »

Frenchy : Le deal auquel finalement vous n’auriez pas du renoncer ?

Nicolas : « BlablaCar, sans hésitation. »

Frenchy : Celui dont vous êtes le plus fier ?

Nicolas : « Les réussites collectives : Celle d’Alven, celle d’Investir&+ dans le « social impact venture » et à titre perso la confiance que m’accordent les dirigeants des sociétés du portefeuille…  Tu pleures… »

Frenchy : A l’époque, on vous pitche « Twitter », vous y seriez allé ?

Nicolas : « Oui bien sur »…  Et ça me fait vraiment du bien de te le dire… »

Frenchy : Lorsqu’on vous pitche, la chose rédhibitoire, c’est…?

Nicolas : « Les doigts dans le nez… Et l’entrepreneur qui ne connait pas sa boîte, qui ne sait pas répondre aux questions posées sans l’aide de son CFO, CMO ou de son CTO. »

Frenchy : Quand on est VC, la chose la plus frustrante, c’est…?

Nicolas : « Ne pas voir le potentiel d’un entrepreneur, passer à côté d’un Mazzella. »

Frenchy : Votre 1ère réaction quand vous trouvez plusieurs Angels au Capital ?

Nicolas : « Pas de préjugés. S’ils sont engagés, intègres et contributifs c’est un vrai plaisir, sinon une pure perte de temps…  Mais ce qui est vrai à propos de Business Angels l’est également des VCs.

Frenchy : Une réforme utile pour rediriger l’épargne non productive des Français, ce serait…?

Nicolas : « Un régime fiscal qui favorise les investissements productifs versus non productifs et l’actionnariat salarié ainsi qu’un cadre réglementaire qui encourage l’émergence du crowdfunding. »

Frenchy : Refuser une valo de 3 milliards à 23 ans, selon vous, c’est…?

Nicolas : « Couillu… Dans une société où l’argent est le seul étalon du succès, je trouve que cela ne manque pas de panache… »

Frenchy : Quel est l’entrepreneur que vous enverriez à l’Elysée ?

Nicolas : « Je n’enverrai jamais d’entrepreneur à l’Elysée… Incompatibilité d’ADN…, là tout de suite, j’opterais plutôt pour Macron… »

Frenchy : Avec quelle équipe (2,3 noms avec pour chacun un portefeuille) ?

Nicolas : « Choisir la bonne équipe c’est 95% de son job… Pas le mien… »

Frenchy : Finalement le funding c’est du dating, à la différence près que…?

Nicolas : « On passe à l’acte d’abord, ensuite on apprend à se connaitre… »

Frenchy : Finalement une term sheet c’est un contrat de mariage à la différence près que…?

Nicolas : « Il est vraiment déconseilllé de faire un deal sans term sheet mais pas de se marier sans contrat… »

Frenchy : Si vous étiez un sport Co, vous seriez ?

Nicolas : « Une course au large, gérer sa route au mieux dans un environnement magnifique ou hostile, chacun a sa place et travaille dans l’intérêt de tous,  l’équipage arrive ensemble ou n’arrive pas… »

Frenchy : Vous avez 100 € à dépenser dans la journée, vous en faîtes quoi ?

Nicolas : « Demain : 50€ dans une bonne bouteille et un diner entre amis, 50€ dans Simplon ! »

Frenchy : Est-ce-que pivoter c’est tromper ?

Nicolas : « Quelle question!!! Pivoter c’est vivre, Fred! 😉 »

Frenchy : Selon vous, « le R.O.I. de la vie », c’est ?

Nicolas : « Apporter un peu de sens à ce grand bordel! »

Frenchy : Votre exclu à Frenchy ?

Nicolas : « Pas vraiment une exclu mais quelque chose dont je n’ai pas encore eu l’occasion de parler : Nous organisons avec France Digitale un workshop en juillet autour de la thématique : Comment les startups digitales peuvent être des  vecteurs d’inclusion sociale (retour à l’emploi pour des chômeurs, personnes handicapées ou en situation précaire, assistance aux gens de la rue). Pour le reste, « Stay tuned 😉 »

Le Frenchy Panel #2

On inverse les rôles le temps d’une interview et ce sont les startuppers qui challengent les VCs !

FrenchyPanel#2

Crédit photo : @francois / eventpixr @ Le Village by CA

C’est le grand retour du « Frenchy Panel » et pour cette 2ème édition, j’ai le plaisir d’accueillir (De gauche à droite) :

Hélène Quaniaux@HeleneQuaniaux – Fondatrice de MeetMyJob

 Un tout nouveau type de loisirs à la rencontre d’artisans, d’agriculteurs ou d’artistes passionnés, pour découvrir les coulisses de leur métier et être initié à leurs savoir-faire. 

Julie Robles@rawmotionapp – Co-fondatrice de Raw Motion

 La plateforme des objets connectés 

Olivier Pistiaux@soyooz – Co-fondateur de Soyooz

 Moteur de recommandation 3.0 

FrenchyPanel#2

FrenchyPanel

Crédit photo : @francois / eventpixr @ Le Village by CA

Une session d’échanges en mode « Passion » « Discours vrai » et « Authenticité » !

Un grand Merci à François d’eventpixr qui, comme à chaque fois, rend notre réalité encore plus belle !

Ainsi qu’au Village by CA pour leur accueil et l’accès à leur formidable  « roof top VIP »  !

FrenchyPanel

FrenchyPanel#2

Crédit photo : @francois / eventpixr @ Le Village by CA

En tant que Start-up, on a souvent l’impression d’être reçus par les VCs, juste pour leur permettre de faire leur veille… A quoi reconnaît-on un VC pas intéressé qui va nous faire perdre notre temps ?

Il y a deux types de VCs pas intéressés qui vous font perdre votre temps.

Le premier est celui qui n’a pas d’argent à investir ou très peu et qui occupe ses journées en rencontrant des entrepreneurs. Celui-ci est facilement identifiable,  il suffit d’aller sur internet pour vérifier qu’il a levé des fonds ou investi au cours des derniers mois . Le second est celui qui fait une étude de marché avant d’investir chez votre concurrent. S’il est honnête, vous le reconnaitrez en lui demandant s’il est en contact avec certains de vos concurrents. A vous de le transformer en VC intéressé en le convaincant d’investir chez vous plutôt que chez votre concurrent !

Pour avoir eu l’occasion de pitcher des VCs Suisses, j’ai été agréablement surpris de les voir me parler d’avenir, de potentiel quand leurs homologues français ne faisaient que regarder dans le rétroviseur en me demandant de justifier tout un tas d’éléments sur l’exécution à date… A quand une conduite sans rétro pour les VCs français ?

Français ou Suisse, prospectif ou rétrospectif, au-delà de ce qu’il vous raconte, l’important c’est qu’il investisse dans votre start-up, et qu’il vous aide à la faire grandir non ?

Comment se passent vos délibérations entre Associés ? Est-ce qu’il t’est arrivé de mouiller personnellement la chemise pour certaines boîtes actuellement à votre portefeuille ? Et est-ce-qu’il peut t’arriver de prendre une décision uniquement à l’instinct, à l’intuition, en délaissant un peu les métrics ?

La collégialité est l’un des facteurs clés de succès chez les VCs,  un stagiaire peut avoir une bien meilleure intuition et un avis bien plus pertinent qu’un vieil associé persuadé de tout savoir . Si la dynamique collective ne fonctionne pas, les décisions seront mauvaises.

Heureusement, qu’il m’est arrivé de mouiller la chemise pour des sociétés du portefeuille.

Parfois avec chance, sans cela, certaines ne seraient peut-être plus là aujourd’hui. Lorsqu’on a investi dans une startup qui connait des difficultés et que l’on y croit, on ne peut pas rester sur le bord du ring en attendant que ça se passe. Ce serait trahir la confiance de l’entrepreneur et de nos investisseurs.

 La question de l’instinct versus les metrics est l’une question les plus difficiles de notre métier . Particulièrement en amorçage.  Si un entrepreneur vient vous voir avec un mauvais projet, votre raison vous dissuadera d’y investir. Et si le projet est mauvais, difficile de croire que l’entrepreneur est bon. ERREUR !!  La raison peut être notre pire ennemi . Les plus mauvais projets ont souvent été portés par les meilleurs entrepreneurs qui ont su pivoter à temps. Par exemple, nous apprécions beaucoup  JB Rudelle  mais n’avons jamais cru à Criteo sous ses premières formes (site de recommandation de biens culturels, puis outil de recommandation pour sites e-commerce). Sur ce point nous avons eu raison, mais ce fut in fine une erreur colossale.  Nous aurions dû nous fier à notre instinct, à la confiance que nous avions dans l’entrepreneur , à son expérience et ignorer totalement le projet qu’il nous proposait. Lorsque les projets sont plus mûrs, c’est plus facile, la qualité des métrics est l’un des principaux révélateurs de la qualité d’une équipe.

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Comment les Associés d’un Fonds sont-ils eux-mêmes « incentivés » par leurs propres investisseurs ?

Au-delà d’une rentabilité minimale (7% par an), l’équipe de gestion se partage 20% des éventuelles plus-values d’un fonds. Même si les associés en ont la plus grande part, cet incentive appelée  « carried-interest »  a également vocation à être attribuée aux autres membres de l’équipe.

Qui dit impact sociétal, dit-il forcément rentabilité au rabais ? Et donc quid de la valorisation de l’impact social ?

C’est un sujet passionnant.

Opposer l’impact social et rentabilité est bien souvent un non-sens social et économique dont nous payons le prix très chèrement aujourd’hui. L’aberration n’est pas de privilégier la rentabilité sur l’impact social mais de chercher à s’accaparer une moindre rentabilité à très court terme plutôt que de privilégier  une rentabilité plus forte à plus long terme . S’il y a véritable création de valeur sociale, il y aura un prix que quelqu’un sera prêt à payer.

Simplon, une société financée par Investir&+, apprend le code à des jeunes en situation précaire, souvent sans formation préalable. Deux ans après sa création, la société connait une très forte croissance et opère dans 5 villes françaises,  en Roumanie, au Mali et bientôt en Afrique du Sud et à Rio .  Le taux d’emploi en fin de formation avoisine les 100% . La valeur sociale créée est très une forte et 2 acteurs industriels se sont déjà positionnés pour racheter la société.

Simplon n’est pas un cas isolé, beaucoup de jeunes entrepreneurs créent des startups avec la volonté de créer un maximum d’impact social positif. Pour eux, la rentabilité n’est pas un gros mot, c’est le moyen de financer cet impact social. Cette nouvelle génération d’entrepreneurs, totalement décomplexée, réconcilie pleinement impact social et rentabilité, business et solidarité.  Ils sont à l’origine de superbes startups comme HelloAsso, La Ruche qui Dit Oui, Makesense.org, LesSuricates.fr, BabyLoan, Recyclivre et bien d’autres encore.

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Un grand MERCI à tous… Ça c’est Frenchy !

 

 

Continuer à découvrir l’univers de Nicolas :

Mentor Session au Camping en 2011

– Intervention Social Good Week 2013

– Intervention Zermatt Summit 2014

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A propos d’Alven Capital :

Créé en 2000, Alven Capital est un fonds de venture capital indépendant. Alven Capital investit actuellement son fonds de quatrième génération, le FCPR Alven Capital IV doté de 120 M€.

Le Portfolio d’Alven

Suivre Nicolas sur Twitter.

 

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